Le Sacre dans la ville

 

 

 

 

 

Le 26 décembre 2018 à Marmande, Marie Comandu, l’une des huit interprètes de
No land demain ? dirigeait un atelier chorégraphique du « Sacre dans la ville », le programme de médiation conçu par Faizal Zeghoudi, autour de la thématique territoires en mutation et dont la restitution publique fera l’objet d’un spectacle sur scène, le 30 janvier prochain à Marmande.  

 

Dès septembre dernier, Faizal Zeghoudi lançait son programme de médiation dans le quartier de Baylac-la Gravette auprès de la population pour recueillir des témoignages sur le  vécu des habitants et leur relation à leur ville, leur condition éventuelle de nouveaux arrivants dans le quartier  ou « migrants » au sens large (migrants depuis plusieurs générations ou venus s’y installer plus récemment etc..) De ce matériau de base, l’auteur vidéaste a tiré une longue nouvelle, synthèse émouvante de  témoignages authentiques  revisités sous l’angle de la fiction. C’est sur celle-ci que s’appuie aujourd’hui le chorégraphe pour développer son projet artistique et mener, du mot à la danse, ses explorations chorégraphiques en ateliers, avec le  concours des danseurs de la compagnie et  des volontaires, souhaitant se produire sur scène le 30 janvier prochain au cours de la grande soirée de restitution.

Décryptage d’un atelier chorégraphique

C’est dans ce contexte que le 26 décembre dernier, Marie Comandu,  a pu encadrer pendant trois heures  un petit groupe de danseurs amateurs, plus ou moins aguerris, d’âge et de profils très différents, amenés à travailler avec elle,  en concertation avec Faizal Zeghoudi,   autour de la thématique « du mot à la danse », dans la perspective  du spectacle à venir.  On comptait notamment au sein de ce premier groupe, appelé à se renforcer après les vacances scolaires, une danseuse de jazz confirmée, une  étudiante en droit  et un jeune  adolescent de 14 ans, passionné par le projet. Très impliqués  au cours de cette séance de travail menée dans un esprit de rigueur et de professionnalisme qui n’exclut ni  bonne humeur  ni  décontraction, les participants ont  en premier lieu, pratiqué un certain nombre d’exercices, destinés,  précise la formatrice, «à réveiller et mettre le corps en marche » : il s’agit là de leur proposer plusieurs exercices destinés à favoriser la  souplesse articulaire (réveil et mobilité du pied pour les appuis, assouplissement de la colonne vertébrale au travers de jeux corporels  et d’échanges menés  en duo,  travail sur la circulation du mouvement et la détente, avec notamment des essais de grande  traversée  d’un bout à l’autre de la salle,  pour mettre en jeu  la fluidité et  la tonicité des déplacements, les amener à se sentir à l’aise dans toutes les dynamiques de mouvements d’ampleur qui pourront par la suite figurer dans la chorégraphie du spectacle.

Du mot à la phrase chorégraphique,  trois heures d’expression par la danse   

Une fois les échauffements terminés, les danseurs du groupe ont été en second lieu amenés à travailler individuellement leur expressivité à partir de mots ou thèmes imposés. Cette étape s’avère en général très délicate, puisqu’elle repose sur le ressenti des individualités et exige d’elles une certaine forme de spontanéité dans l’incarnation en gestes de leurs émotions et de leur interprétation propre du concept proposé (l’idée étant de relier chaque mot/expression/groupe de mot à plusieurs gestes/postures/mouvements improvisés).  Lors de la séance du 26 décembre, elle a donné lieu à des échanges très riches entre des participants qui ne se connaissaient pas vraiment  avant l’atelier et ont ainsi appris à se découvrir mutuellement, relevant le défi du lâcher prise devant autrui, avec courage et enthousiasme.         Ce sont enfin sur les mots et expressions  qui reviennent le plus souvent dans les  témoignages de rues recueillis  sur le terrain par Rémi Bénichou, leitmotivs qui figurent pour certains d’entre eux dans la nouvelle qu’il en tiré  en vue de l’élaboration du spectacle final,  que Marie Comandu,  toujours en concertation avec Faizal Zeghoudi,  leur a demandé de travailler plus spécifiquement : Elle a ainsi exploré avec ses élèves   les adjectifs « ancré/terrien(ne), le  verbes trahir, les expressions « ça va/ça va », « la vie est belle »/ « la vie est belle », ou encore « un poids pour eux, « ceux d’ici, ceux de là-bas »…
L’exercice proposé  consistait à leur proposer  à tour de rôle  de s’essayer à des mouvements se rattachant à ces mêmes expressions, selon  le principe de répétition/accumulation bien connu dans les jeux de langage, ici converti en gestuelle :  le premier élève  propose ainsi un mouvement repris par tout le monde, à partir de ce qu’il ressent  spontanément  du mot ou de l’expression choisie  puis le participant  suivant enchaîne un mouvement qu’il rajoute au 1er, à nouveau repris par tout le monde,  et ainsi de suite… Jusqu’à ce que s’installe la dynamique de groupe qui favorisera l’émergence d’une  phrase chorégraphique structurée    Plusieurs étapes de ce travail d’improvisation mené au sein du groupe ayant été filmées, le projet s’enrichira, au fil des ateliers suivants, de l’expérience des nouveaux participants qui rejoindront l’aventure d’une expression chorégraphique, écrite pour eux et en partie  avec eux.
Trois heures intenses et riches en émotion,  où tous les participants ont joué le jeu, avec beaucoup de conviction et d’investissement personnel,  temps de partage  généreux et authentique où chacun  a pu livrer un peu de soi dans l’expression du geste, acquérir des bases chorégraphiques qui lui permettront ensuite de se produire avec maîtrise et sans peur devant son public,  se nourrir de l’expérience d’autrui , agir et  interagir avec le groupe  dans un élan créateur collectif…  Rendez-vous le 30 janvier 2018 à Marmande pour en apprécier  le résultat final.  D’ici là,  les ateliers chorégraphiques du Sacre dans la ville se poursuivront en janvier avec notamment des élèves  de classes à horaires  aménagés danse (CHAD) du collège Jean Moulin et,  le 21 janvier, par une séance dirigée par Faizal Zeghoudi lui-même, auprès  des danseurs de niveau intermédiaire et avancé du centre de danse choréa de Marmande.

Le Sacre dans la ville à Marmande
Restitution publique le mardi 30 janvier  
Entrée libre sur réservations à l’Office du Tourisme de Marmande : 05 53 64 44 44